Mon deuxième blog

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

dimanche 23 novembre 2014

Dredd

"Cette zone est désormais pacifiée"... A l'aube du XXIII ème siècle, la terre n'est plus qu'un vaste désert irradié, et les restes d'humanité se partagent tant bien que mal les mégapoles surpeuplées, dangereuses, mais au moins habitables. C'est a l’intérieur de ce chaos que les juges, détenant le pouvoir législatif, judiciaire et exécutif, forment le rempart ultime contre le crime croissant de ces "mégas-cités". Judge Dredd est le plus craint et le plus respecté des juges. Dredd-coming.jpg

D'abord personnage principal d'une série de comics ultra-violents, Judge Dredd a, comme la plupart de ses collègues, fait plusieurs escales dans d'autres produits culturels; romans, figurines, jeux vidéo et plus particulièrement cinéma. C'est la seconde adaptation cinématographique qui m’intéresse et dont j'aimerais parler ici.

"Dredd", sorti en 2012, est un film d'action de Pete Travis. Judge Dredd et sa nouvelle recrue, Anderson, se retrouvent piégés à l'intérieur de "Peach trees", gigantesque tour de logements gangrenée par les gangs et leur nouvelle drogue, le "Slo-Mo". Cette substance est particulière car elle permet à ses consommateurs de ralentir le temps pendant une courte période, et joue un rôle important lors de certaines scènes. Ainsi, le film est construit d'une manière plutôt classique, et durant 1h 45, nous suivons le juge et sa recrue monter d' étage en étage. La verticalité de cette immense tour donne par conséquent une architecture très "jeu vidéo" au film, les deux personnages se frayant un chemin, étage par étage, jusqu'à la rencontre final, au sommet...

Mes travaux ont toujours été liés, ou inspirés par la culture populaire davantage que la "culture de l'art". Ceci étant dû à ma grande consommation d'image tout au long de mon adolescence. C'est durant cette période que j'ai découvert les actionner chinois de John Woo (A toute épreuve, The Killer...), où la violence stylisée, la chorégraphie des corps et l'utilisation du ralenti, rendaient des scènes brutales contemplatives, voire poétiques. Dredd poursuit cette idée, de façon originale...

La mise en scène du film est très léchée, cela se ressent surtout aux travers des personnages secondaires du film. En effet, c'est lorsque quelques badauds s'injectent du slo-mo que le point de vue de la caméra change. Le film nous met sous les effets hallucinogènes de la drogue, et c'est dans ces rares séquences que la brutalité est sortie de son contexte. L'idée de danger devient abstraite, et c'est une esthétique très particulière, limite pop, qui nous est littéralement jetée à la figure. Capture_d_e_cran_2014-11-26_a__16.40.52.png

Évidemment, la première fonction du film est le divertissement. Cela dit, la façon dont Pete Travis intègre ces scènes devient très pertinente. Les consommateurs de Slo-Mo paraissent insouciants, voire aussi contemplatifs que le spectateur, ce qui est assez logique...

Le contexte post-apocalyptique du film est lui aussi intéressant. Dredd a été tourné en Afrique du Sud, au Cap. Les scènes de l'intérieur du bâtiment de Peach Trees furent tournées en studio, tandis que les scènes d’extérieures, dans la ville de "Méga-city one" proviennent d'images de Johannesburg (puis retouchées en post-production). L'univers dépeint n'en est que plus crédible, la chaleur de la ville renforce l'idée de suffocation de Mega-city One. Capture_d_e_cran_2014-11-26_a__17.52.50.png

Je pense par ailleurs que l'environnement de Peach Trees est liée à la situation actuelle du pays (bien que je ne la connaisse pas de manière approfondie) cependant. Tout comme District 9, de Neill Bloomkamp, qui dénonce le cas de l’apartheid, Dredd fait écho à la criminalité, règlements de comptes ou activités illicites, et leurs impacts. L'intelligence du film est de montrer plusieurs caractères sociaux, la tour étant aussi bien habitée par des familles que des hors-la-loi. Le manichéisme du film s'en voit ébranlé, et le parallèle est tout à fait visible, tout en restant subtil...Même si ces doubles lectures sont courantes dans les œuvres de science-fiction. Capture_d_e_cran_2014-11-26_a__19.00.40.png

La violence visuelle est bien présente, mais tous ces effets tels que la narration linéaire ou les phases "slo-mo" donnent un côté délirant et gratuit, ce qui est au final fidèle à l’œuvre d'origine. Pour le coup, j'avoue avoir été dérangé par ce paradoxe, mal à l'aise par le réalisme de certaines scènes rudes et toute la forme originale qui changent la nature de ces actions. Mais c'est cette nuance qui rend aussi le film intéressant, et surtout différent de longs métrages (comme the Raid). Pete Travis extrapole la réalité à tous les niveaux, à l'image de la scène finale, lorsque le juge jette du haut de la tour l’antagoniste après une injection de drogue. La chute (qui m'a rappelé Denis Darzacq justement). Capture_d_e_cran_2014-11-26_a__19.16.49.png Dredd est à mes yeux un bon film d'action, et même si mon but n'est pas d'en faire la critique, je souhaitais introduire ce journal par cette référence.

samedi 22 février 2014

Cochon qui s'en dédit

J'aurais adoré être un agent secret. Parcourir le monde, jouer au poker face à des borgnes caressant des chats-robots, plonger en avant deux pistolets en mains dans un volcan secret... L'une de mes cousines, elle, rêvait de travailler dans l'agro-alimentaire, posséder une ferme, la vie tranquille à la campagne...Cochon qui s'en dédit. Je dois avouer n'avoir fait aucun rapprochement entre les images du film et la société dans laquelle nous vivons aujourd'hui. A première vue, le court métrage se balance entre la fiction et le documentaire, de par certains plans et surtout sa bande son, qui instaure un certain malaise, et qui nous montre un cercle vicieux, faisant apparaître une certaine subjectivité de la part de Le Tacon. Peu d'empathie pour cet éleveur breton (s'il n'est pas breton, alors qu'est-il n'est-ce pas?), qui semble subir, voire accepter son exécrable condition de vie, car c'est cela que l'on nous montre, un homme qui, à l'instar de ses cochons, nage dans un typhon peu reluisant, conditionné et qui ne peut s'en sortir qu'en s'en faisant expulser, laissant sa place au suivant pour qui la situation sera la même. Il est le cochon, nous aussi apparemment.

Le film se présente donc comme un documentaire que l'on pourrait qualifier de "classique". Du moins au départ. L'on y suit ce jeune homme dans son quotidien: nourrir les cochons, nettoyer leur fange, déambuler dans ce capharnaüm assourdissant de grognements. Et cette base formelle suffirait presque à elle seule à sortir le moyen-métrage de son objectivité imposée par le format du "documentaire". Le spectateur, par cette situation semblant si difficile, est déjà douteux du bien-fondé de cette réalisation. Le Tacon se veut ensuite plus explicite; de par la bande son citée ci-dessus: sonorités stridentes, voire dérangeantes, amenant (forcément) une atmosphère étouffante. Nous sommes même plongés en pleine fiction lors de certaines scènes déroutantes (allongé avec une truie, ou le lancer de cochon). Ces effets de mise en scène semblent toutefois pertinents. L'effet d'étouffement pourrait être perçu comme un parallèle de notre condition environnementale, tandis que les scènes de fictions apportent un aspect faux-semblant au documentaire, qui renforcent le manque de distinction de l'éleveur vis à vis de ses animaux.

Ainsi, il était débat lors du dernier cours de notre positionnement vis à vis de notre entourage. Alors, pouvons nous échapper à un conditionnement, à un formatage voulant assimiler l'individu à la masse? Bien sûr que non (enfin, selon moi n'est-ce pas...). Je dois avouer être assez mal à l'aise avec ce sujet, qui peut vite me faire rentre dans une démagogie que je préfèrerais éviter. Je ne pense qu'il soit possible d'échapper aux images ou aux messages imposées dans notre environnement, et je ne pense pas non plus qu'être conscient de ces faits nous en détache pour autant. Il ne s'agit pas ici d'une question de "libre arbitre" dans le sens ou les informations que nous percevons ne peuvent être évitées; les influences qui régissent nos agissements nous ancrent dans cet "effet de masse". L'outil qui prend de plus en plus d'ampleur devient au fur et à mesure une nécessité, et le choix du détachement n'est pas personnel, car il est crée en contradiction d'autrui vis à vis de ce dit-outil. Et ces "académies informelles", "salon des refusés" ou autre n'en sont pas une solution mais un versant, qui à mes yeux ne produit rien d'autre qu'un reflet de ce dont on a cherché à se dégager. Je ne suis vraiment pas sûr de ce que j'écris, mais sait-on jamais.

Pauvre éleveur breton. Je me demande ce qu'il est devenu, cet éleveur breton. Je crois que s'allonger avec cette truie était la meilleure option. Tant qu'il est conscient que c'est une truie, bien évidemment. Quoiqu'après réflexion, je vais suivre ma propre voie, faire mes propres choix. Demain j'arrête l'école et j'envoie mon CV au MI6. Rien à foutre de la twingo d'occase, je préfère aller mitrailler les cochons avec les phares de mon Aston Martin.

lundi 20 janvier 2014

Héritage et chaises

Marcel Duchamp, Marcel Duchamp, Marcel Duchamp... Joseph Kosuth, Joseph Kosuth, Joseph Kosuth. Je sais que c'est un poil facile de se servir d'une référence qui m'a été donné, mais il me semble qu'on peut aisément rapprocher Duchamp de pas mal d'artistes d'aujourd'hui. Au delà des aspects "primaires" qui associeraient ces deux plasticiens (comme l'emploi d'objets dénaturés de leur fonction première), c'est aussi par leur détachement qu'on trouve une similitude, ou du moins de l'inspiration. J'ignorais par ailleurs que le travail de Duchamp avait mis tant de temps à investir la scène artistique.

Kosuth n'hésite pas à balayer l'esthétisme car c'est pour lui une notion distincte qui est dissociable du champ créatif, et donc artistique. Il me semble que ce procédé est plus important qu'il n'y paraît, et surtout, beaucoup plus "vrai" chez ce plasticien. L'artiste estime que Duchamp est pour lui "la charnière entre la fin de la philosophie et le début de l'art". Le readymade, par sa simplicité formelle, qui est véritable car non modifié, accentue le concept de l'oeuvre, car il n'y a plus que ce ressenti devant l'objet banal que l'on nous donne à voir.

Unknown.jpeg

"One and three chairs" se présente de la manière suivante: une chaise, à sa droite la photographie de la-dite chaise, et à sa gauche un panneau contenant la définition de la-redite chaise. Par ce procédé, l'objet, prisonnier de ces reproductions, est écarté de toute forme d'esthétisme. Seule demeure sa fonction primaire. Cette opposition entre une idée de l'art formaliste et l'art conceptuel se rapproche fortement de ce que le géant Marcel a crée. Même s'il me semble nécessaire de conserver une forme d'esthétisme dans une création artistique, rien que par pure crédibilité vis à vis du statut d'artiste, le fait de se rattacher à l'unique notion de concept est aussi une prise de risques. De plus, on décèle dans cette pièce un aspect technique simple, mais efficace, l'oeuvre n'est pas impressionnante, mais l'on s'étonne malgré tout de cet ensemble visuel qui fonctionne bien, voire très bien. A l'instar de l'urinoir, je ne pense pas (personnellement) qu'il soit possible de détacher l'esthétisme, et cela dans n'importe quelle création artistique, car c'est une sensibilité inaliénable, ancrée dans nos esprits. Même s'il n'aimerait pas l'entendre, je trouve le travail de Kosuth aussi intéressant d'un point de vue plastique que théorique. La simplicité de l'installation, et le fait qu'elle en soit une malgré tout me donnent cette impression.

dimanche 24 novembre 2013

Le marché de l'Art

J'ai encore une fois fait l'erreur de noter les cours sur feuille volante. Penses-tu, deux misérables A4 à moitié griffonnées...Mais l'achat d'un cahier , voire de plusieurs, fait dorénavant partie intégrante de mes objectifs. A vrai dire, il était assez étonnant de parler "économie" lors du dernier cours. Un cours ô combien fort en sensations, étant donné les gouts et les couleurs. Jeff Koons me rappelle sensiblement Vezzoli, du fait de ma difficulté à comprendre leurs travaux, et leur filiation avec des figures médiatiques ( la cicciolina pour l'un, lady gaga pour l'autre...); par ailleurs, sur le plan artistique, j'avais au départ quelques réticences vis à vis de certaines de leurs oeuvres.

Le chien gonflable de Koons est une oeuvre d'art, à la fois dans sa plastique et son... aspect "tape-à-l'oeil". La sculpture devient d'autant plus intéressante lorsque l'on connaît son prix. En réalité, je trouve que cette planche financière est inhérente à l'oeuvre, car c'est ce qui la rend insolente, à l'instar de la taille de l'oeuvre et la matière utilisée, ces sortes d'accumulations provocatrices. Et c'est en tapant ces lignes que je me dis que Courbet est né cent ans trop tôt (on a sorti quelque chose comme ça en cours? parce que je trouve que cette phrase en jette.).

J'ai découvert Courbet, Manet, les actionnistes Viennois (e.t.c) lors de mon TPE, en 1ère. C'est le premier interessé qui m'avait plu, notamment "l'origine du monde". Il y a chez ce peintre un pragmatisme assez fort, pourrions nous même dire triste? Courbet peint le monde qui l'entoure de manière scientifique, mais pas neutre pour autant. Tout comme le Carravage avec la vierge, il cultive l'esthétique du "laid", et se plaît à provoquer les spectateurs par des formats indécents, des couleurs aux teintes discutables pour qui s'attend à voir du poussin, et des sujets s'éloignant (très) légèrement des codes de l'époque. La morale de cette histoire est que l'art a mis du temps à se débrider, et que ce marché est aujourd'hui à mes yeux totalement aléatoire.

samedi 9 novembre 2013

Uniforme/forme unie

pastel sec sur craft

uniforme2.jpguniforme1.jpg

dimanche 13 octobre 2013

Reprise de proust

Je crois que mon horloge interne est déréglée. Je me couche rarement de bonne heure. Les yeux sont fermés, la chambre dans le noir, le ciel sombre. je suis allongé dans mon lit, un double, confortable de surcroit, et je suis en forme. Pas immobile, coincé cependant dans un espace restreint, ou la seule activité consiste à retourner l'oreiller. Je crois que mon horloge interne est déréglée. Ma mère a des somnifères, mais je préfère le sommeil naturel. L' unique solution reste de fermer les yeux et se mettre à penser. Le somnifère impose un sommeil synthétique. Il rend le corps lourd. La gravité semble se focaliser sur vous, vous qui dans le même temps riez bêtement, sans savoir pourquoi. Existe-t-il des somnifères sous forme de granules? A l'instar de l'homéopathie? Mon voisin est passionné par l'homéopathie; il me disait que l'homéopathie peut même être utilisé contre la phobie des escaliers. Donc certaines personnes ont peur des escaliers. Je ne suis jamais tombé dans les escaliers. Il est plus dangereux de tomber d'un escalier classique que d'un escalier à colimaçon. Ce qui me paraissait étrange au départ. C'est vrai, imaginons un instant notre bras resté coincé à l'intérieur des barreaux circulaires . Si bien qu'il y ait des barreaux circulaires sous la rampe du-dit escalier. Mon baladeur affiche 17h36, heure à laquelle je reprends ce travail d'écriture, délaissé il y a de cela cinq bonnes minutes. Sur mon brouillon, les mots chevauchent un dessin griffonné sur la feuille, les ratures prolifèrent, je suis fatigué. Je crois que mon horloge interne est déréglée.